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Mon chemin entre le doute et la douceur

Janvier

En janvier, je n’ai pas envie de repartir à zéro.

Je n’ai pas envie de me promettre mieux.

Ni de revoir tout mon fonctionnement.


J’ai surtout envie de rester là.

Dans ce qui est déjà en mouvement.

Et d’apprendre à lui faire confiance.



Étude d'une paruline flamboyante — graphite sur papier.
Étude d'une paruline flamboyante — graphite sur papier.


Pendant longtemps, j’ai cru que créer signifiait avancer sans hésiter.

Que le doute finirait par disparaître.

Qu’à force de maîtriser, je me sentirais enfin à ma place.

Mais le doute ne part pas.


Il se déplace.

Il revient autrement.

Il y a des questions.

Des résistances.

Des hésitations qui demandent qu’on ralentisse.


Mes créations se situent quelque part entre

l’écoute de ces doutes

et la confiance en mon intuition.


Je n’essaie plus de les faire taire.

J’essaie plutôt de comprendre

ce qu’ils viennent signaler.



Il y a des jours où je pose un geste avec assurance.

Et d’autres où je doute de presque tout.


Des jours où la direction est claire.

Et d’autres où elle se brouille.


La remise en question fait partie de moi.

Alors j’ai appris à travailler avec elle.


Quand elle se pointe,

je mets parfois le travail sur pause.

Je m’éloigne du geste,

pour ne pas créer à partir du doute lui-même.


Je laisse le temps faire son travail.

Je me tourne vers autre chose.

J’attends que quelque chose s’éclaire —

un peu plus de compréhension,

un peu plus de justesse.


Puis je reviens.



Avec le temps, j’ai réalisé que ma confiance ne crie pas.

Elle est discrète.

Elle est douce.


Elle avance main dans la main

avec mes doutes et mon intuition.


Voyant trop d’options, trop de chemins possibles,

je suis rarement très décisive.

J’ai besoin de temps.

De lenteur.

De bienveillance envers mon propre rythme.


Cette douceur n’efface pas l’incertitude.

Elle me permet simplement de continuer

sans me brusquer.



En 2026, je ne cherche pas à transformer mon atelier.

Ni à imposer un nouveau cadre rigide.


Je choisis plutôt d’accepter ce qui est déjà là :

les questions,

les ajustements,

les élans fragiles.

Et de continuer,

un geste à la fois.



Conclusion

Si je devais formuler un souhait pour cette nouvelle année,

ce serait celui-ci :


que nous puissions être patients

avec nos processus,

honnêtes avec nos élans,

et doux envers nous-mêmes

dans ce que nous tentons de faire naître.


Que nous laissions le temps

au sens d’émerger,

sans forcer,

sans nous prouver.


Créer n’est peut-être rien d’autre que cela :

habiter cet espace mouvant

avec suffisamment de douceur

pour pouvoir y rester.



Anne-Marie

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