Notes sur la confusion
- amroyart
- 27 avr.
- 2 min de lecture

Récemment, dans mes lectures, je suis tombée sur cette idée qui m’a arrêtée net : la clarté, la passion, l’imagination et la confusion font partie du terrain brut de l’expérience humaine. Elles sont toutes normales. Nécessaires, même. Elles coexistent, se répondent, se balancent.
Cette idée m’a profondément touchée. Je ne l’avais jamais envisagée ainsi. La confusion, non pas comme un problème à régler, mais comme une composante à part entière du vécu. Un état qui vient contrebalancer les autres, nous forcer à chercher, à fouiller, à nous poser des questions. Un endroit inconfortable, oui, mais peut-être indispensable pour éventuellement trouver un axe, une direction, un terrain fertile.
Quelle révélation.
En écrivant ces lignes, je réalise à quel point j’ai longtemps vécu la confusion comme un manque personnel. Comme une preuve que quelque chose clochait chez moi. Ne pas savoir quoi faire, où aller, pourquoi j’y allais… tout ça venait avec beaucoup de culpabilité, et même une certaine honte. Comme si je devais toujours savoir. Toujours être claire. Toujours avancer avec assurance.
Je ne sais pas exactement d’où vient cette pression. Mais penser que la confusion n’est pas une faute, qu’elle fait simplement partie du processus, est profondément libérateur. Peut-être qu’il faut parfois juste attendre. Mariner un peu dedans. Accepter de ne pas comprendre tout de suite. Et faire confiance au fait que la clarté reviendra, autrement.
Je commence à comprendre que, dans l’apprentissage, dans l’art, et même dans la vie en général, la confusion est inévitable — et même nécessaire. Alors, dès maintenant, j’essaie d’être plus empathique envers moi-même à ce niveau.
Je n’ai pas besoin de faire force avec moi-même. Pas besoin de me brusquer. Pas besoin de lire ces moments comme des échecs. La confusion n’est pas un mur : c’est un terrain fertile.
À partir de là, d’autres choses deviennent possibles. Pas une solution unique, pas une méthode à appliquer, mais des façons de rester en lien avec ce qui est vivant. Des moments d’oisiveté. Des marches en nature. Ces petits glimmers — des éclats discrets qui attirent l’attention sans qu’on sache encore pourquoi. Essayer quelque chose de nouveau, sans attente précise.
La méditation fait parfois partie de cet espace-là. Pas comme une réponse définitive, ni comme un moyen de faire le vide. Plutôt comme un endroit intérieur où pensées, émotions et confusions peuvent exister sans que je saute dessus, sans que je cherche immédiatement à les comprendre ou à les corriger.
Un espace pour être avec ce qui est là.
Comme un frein discret. Quelque chose qui nous ralentit quand on s’écarte trop, avant même qu’on s’en rende compte.
Traverser l’inconfort.
…pour revenir vers un nord intérieur.
Vers des intentions plus profondes.
Avant d’avancer
— plutôt que de dériver plus loin sans s’en rendre compte.



Vos réflexions sont apaisantes…!
Merci beaucoup