Bien avant l'atelier
- amroyart
- 6 août
- 2 min de lecture

J'ai longtemps eu beaucoup de difficulté à établir une pratique artistique stable à la maison.
Au début, je me suis dit que j'avais simplement besoin de temps. Ça me semblait évident. Avec le travail, les enfants et tout le reste, si je pouvais dégager quelques heures, j'allais enfin créer.
Puis j'ai eu du temps.
Et je n'allais toujours pas à l'atelier. Les autres tâches prenaient leur place.
J'en ai conclu qu'il fallait protéger ce temps à tout prix. C'était vrai… mais seulement en partie. Parce que même lorsque j'entrais dans l'atelier, il m'arrivait de ne plus savoir quoi faire. J'avais l'impression d'être un petit poisson d'étang qui découvre l'océan.
Alors j'ai cherché des réponses. Je lisais qu'il fallait simplement se présenter à l'atelier de façon constante. Que l'inspiration finirait par suivre.
Donc, la discipline.
Encore une fois, oui… mais non.
Ayant besoin de structure et cherchant cette discipline, je me suis construit, tranquillement, une routine. Elle touchait autant les étapes du quotidien avec les enfants que mon entrée dans l'atelier.
Peu importe sa forme, cette routine m'a énormément aidée.
Mais pas pour les raisons que je croyais.
Je pensais qu'elle me faisait gagner du temps ou qu'elle renforçait ma discipline.
Aujourd'hui, je crois qu'elle faisait surtout autre chose : elle allégeait le travail de mon cerveau.
Quand une routine devient un automatisme, elle enlève une multitude de petites décisions. Qu'est-ce qu'on mange? Est-ce que je vais marcher? Est-ce que je commence maintenant ou dans une heure? Chaque décision semble minuscule, mais elles s'accumulent.
J'ai parfois l'impression que mon cerveau dispose d'un certain nombre de décisions dans une journée. Si le quotidien les utilise toutes, il n'en reste plus pour l'atelier.
Et créer, c'est décider.
Décider quoi regarder. Quoi laisser de côté. Quel format choisir. Quelle lumière suivre. Quand continuer. Quand s'arrêter.
Je cherchais du temps pour créer davantage.
J'ai ensuite cherché la discipline.
Finalement, j'ai bien dû accepter l'évidence.
La création ne commençait pas lorsque j'entrais dans l'atelier. Elle commençait bien avant, dans tous ces gestes invisibles qui rendaient enfin mon esprit disponible pour qu'elle puisse exister.




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